CINÉMA ET PORT DE TENUE MILITAIRE : LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’ONACIG APPORTE DES PRÉCISIONS IMPORTANTES
En Guinée, le port de la tenue militaire dans les productions cinématographiques a longtemps été une pratique courante. Cependant, un récent incident survenu à Kindia relance le débat sur l’encadrement légal de cette pratique dans le secteur du cinéma.
Le week-end dernier, la cinéaste guinéenne Djénabe Chérif Diallo a été interpellée alors qu’elle portait une tenue militaire dans le cadre d’un tournage. L’arrestation a suscité de nombreuses réactions dans le milieu artistique et culturel. Face à cette situation, la Direction générale de l’Office national du cinéma, de la vidéo et de la photographie de Guinée (ONACIG) a tenu à apporter des clarifications sur les dispositions légales en vigueur.
Selon le Directeur général de l’ONACIG, la Guinée dispose de textes réglementaires qui encadrent les activités liées au cinéma, à la vidéo et à la photographie. Ces textes visent notamment à garantir le bon fonctionnement du secteur tout en évitant certaines dérives.
« Nous avons effectivement des textes de loi qui régissent le cinéma, la vidéo et la photographie en République de Guinée. Ces textes évoquent les actions susceptibles de favoriser la bonne marche du secteur, mais aussi celles pouvant conduire à des dérives. Lorsqu’il y a dérive, nous devons agir et sensibiliser les acteurs afin de prévenir ces situations », a-t-il expliqué.
Concernant le cas de la cinéaste interpellée, le responsable de l’institution se veut rassurant quant à l’évolution du dossier. Il indique que les démarches administratives et institutionnelles sont déjà bien avancées.
« Aujourd’hui, nous sommes à environ 80 % des démarches qui devraient conduire à sa libération. Mais il faut comprendre que nous sommes dans un pays de droit, un État régalien qui dispose de ses propres lois, et celles-ci doivent être respectées. Le ministère s’est déjà impliqué à travers l’engagement et la bonne foi de notre ministre, un homme de terrain. Les actions sont en cours et nous espérons une issue favorable », a-t-il affirmé.
Au-delà de cette affaire, le Directeur général de l’ONACIG appelle les professionnels du cinéma à se conformer aux procédures établies, notamment lorsqu’un tournage implique l’utilisation d’uniformes militaires ou d’autres éléments sensibles.
Il précise que toute personne souhaitant réaliser une production cinématographique impliquant le port d’une tenue militaire, l’utilisation d’armes fictives ou réelles, doit au préalable se mettre en règle avec l’ONACIG.
« Les réalisateurs doivent venir à l’ONACIG avec leur script ou les documents nécessaires afin que nous puissions examiner les scénarios et donner nos orientations. Notre rôle ne se limite pas à autoriser ou refuser. Nous sommes également là pour conseiller et accompagner les acteurs du secteur. Si d’autres institutions doivent être impliquées dans un projet, nous pouvons servir d’interface pour faciliter les démarches », a-t-il souligné.
À travers ces précisions, l’ONACIG entend rappeler l’importance du respect des procédures administratives dans la production cinématographique en Guinée, tout en réaffirmant sa volonté d’accompagner et de soutenir les créateurs dans le développement de l’industrie audiovisuelle nationale.