Qu’ est-ce qui ne va pas dans le cinéma guinéen ?

À l’occasion du salon du cinéma guinéen, lancé dans la journée de ce 12 mai 2023. Un débat a été organisé entre les cinéastes guinéens. L’objectif était d’identifier les problèmes qui empêchent ce secteur de se hisser au sommet de la pyramide. Les débatteurs ont chacun donné son avis sur les problèmes du cinéma guinéen dans un débat très tendu.

Ce débat, s’est déroulé au Centre Culturel Franco Guinéen CCFG, sous l’œil vigilant de Fabara KONÉ, membre du CNT. Ici, dans cette cour, les étudiants, reporters, cinéastes et invités tous avaient le visage fixé sur cette discussion. Ces cinq personnes toutes réunies autour du présentateur, Hassane Hilal, journaliste au groupe DJOMA MEDIA.

Le journaliste après son introduction, pose la question suivante. Qu’est-ce qui ne va pas dans le Cinéma Guinéen ? Le débat lancé et la parole tourne à tour de rôle entre Souleymane Diallo,  Aminata Sylla tous Réalisateurs, Gervais HABA, enseignant chercheur à l’Institut Supérieur des Arts de Mory KANTE de Dubréka, ISAMK, etc.

Dès le début de l’émission, la majorité des invités sont tous tombés d’accord que le problème du cinéma guinéen vient du manque de formation et de l’État guinéen.

« Il faut élargir la formation jusqu’à la production des films. Je pense qu’en parlant de cela, on peut cerner ce qui ne va pas. » , estime une des débatteuse.

les spectateurs du débat lors du salon du cinéma guinéen

Le débat prend son bâton de pèlerin et les spectateurs ont tous envie de découvrir réellement de quoi soufre ce secteur.

Confortablement assis, Fabara KONÉ a pris son temps d’écouter les intervenants. Pendant ce temps, les caméras font leur boulot. Les photographes à côté ne manquent pas des actions. Au même moment, le brouhaha des véhicules était un obstacle pour les amoureux du 7ème art de cerner bien ce qui se disait.

Le débat houleux, les tensions montent et chacun veut dire ce qui lui semble important. Le journaliste partage la parole en fonction de son schéma, afin d’éviter le désordre.

Partant de l’idée sur le manque de la formation, Souleymane Diallo, cinéaste,  pense que l’ISAMK qui l’a formé est en partie responsable.

« Je ne peux pas dire le contraire, c’est le plus grand problème qui se pose à l’Institut Supérieur des Arts de Mory KANTE de Dubréka ISAMK. », affirme-t-il

Le cinéaste renchérit en mettant un accent sur le manque de l’expertise et le non maîtrise du concept cinéma. « Ils ont mis en place une institution sans maîtriser le concept du Cinéma. La problématique d’expertise se pose. Parlant de la synergie, les gens ont du mal à partager ce qu’ils mangent avec les autres »

Le public sans plus tarder, applaudit fort. Certains d’entre eux disent ceci, « c’est vrai ça ».

Cette intervention n’a pas laissé Gervais Haba indifférent. Pour lui, la responsabilité ne vient pas de l’ISAMK. Il rétorque « les étudiants qui arrivent n’ont pas le niveau qu’il faut pour être à l’institut. Quelqu’un qui ne sait pas manier la langue française, dans la maîtrise de l’écriture de la langue. Comment vous voulez que cet étudiant soit expert en écriture ? Comment vous voulez qu’il s’exprime ? Quelqu’un qui n’a même pas la maîtrise de ses leçons de science exacte, il est orienté à l’institut au cinéma et autres, comment voulez-vous qu’il parvienne à maîtriser une formule de montage ? », répond cet enseignant chercheur à I’ISAMK.

Cette fois-ci, personne n’applaudit, mais la concentration y était. Si certains sont assis tandis que d’autres sont debout tout au long des débats.

Le salon du cinéma guinéen se poursuit jusqu’au 13 mai 2023 avec plusieurs activités au programme.

https://youtu.be/LrVx6nTVkZc

Ibrahima Alhassane CAMARA

628656772

cinemarts224g@gmail.com

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