SOULEYMANE KEITA, MUSEOLOGUE A UN PARCOURS INSPIRANT, PROPOSE LA POLITIQUE ET DES SOLUTIONS POUR LE CINEMA GUINEEN
Souleymane KEÏTA, communicant du FESPACO sur les Cinémas d'Afrique, était l'invité dans l'émission (ESPRIT DE STARS), le lundi, 11 septembre 2023, animée par Isabelle kôlkôl Loua. Diffusée en direct sur les plates-formes sociales, l'invité s'est exprimé sur la politique que la Guinée doit adopter pour que son cinéma soit compétitif à l’échelle internationale et ses exploits à travers le monde.
Ancien chef de département à l’ISAG, actuel Institut Supérieure des Arts Mory Kanté de Dubréka (ISAMK), Souleymane KEITA est l’un des connaisseurs du cinéma guinéen et celui de l’Afrique. Invité dans l’émission « ESPRIT DE STARS », le lundi dernier, l’enseignant-chercheur a échangé autour de la problématique liée au cinéma guinéen. Dans cet entretien virtuel, diffusé en direct sur les réseaux sociaux, le communicant attitré du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), pense que le cinéma guinéen a besoin d’une politique globale spécifique à la culture guinéenne.
« Notre pays a besoin d’une politique culturelle claire qui oriente les secteurs artistiques et patrimoines plus globalement, à l’intérieur de quelle politique culturelle, chaque secteur artistique, culturel, patrimoine peut se fixer des objectifs spécifiques à l’intérieur d’une marche globale qui va nous permettre de faire comme nous même, pas aller copier de modèles de tout fait et croire que ça peut marcher. Chaque pays est une diversité culturelle qui n’est pas forcément celle de l’autre. Il faut se reconstruire, s’admettre dans ses propres dimensions de proportions existentielles culturelles, politiques et économiques.»
SOULEYMANE KEÏTA ET SES EXPLOITS A TRAVERS LE MONDE
Attiré par le cinéma depuis qu’il a occupé le poste du Chef de département à l’ISAMK, M. KEÏTA s’est vite lancé dans les formations. Son dynamisme et son engagement l’ont permis aujourd’hui de représenter la Guinée à travers le monde. Depuis 2009, jusqu’à date, ce fils guinéen participe régulièrement à l’un des plus grands festivals internationaux de l’Afrique de l’Ouest (FESPACO). Dans cet événement cinématographique, l’homme de l’art donne son point de vue sur le cinéma africain.
« À partir de 2019, je suis régulièrement retenu pour participer au colloque international que (FESPACO) organise sur le cinéma. Ce colloque est une opportunité de réflexion entre professionnels du cinéma, entre les universitaires et toute l’intelligentsia du cinéma de l’Afrique et de sa diaspora. »
L’INVENTEUR DU CONCEPT « CINEMA AVANT-GARDISTE »
À l’occasion du festival international de l’Afrique de l’Ouest (FESPACO), le communicant a fait germer un nouveau concept dans le monde du cinéma. L’objectif de cette pensée est de mettre fin au cinéma de limitation.
« Le concept du Cinéma (AVANT-GARDISTE), c’est moi qui ai invité ça, lors du colloque international sur les cinémas d’Afrique à Ouagadougou. »
Dans cet entretien, Keïta a mis un accent sur l’évolution du cinéma guinéen. Selon lui, le changement de celui-ci ne peut se faire sans l’effort des cinéastes. Pour ce faire, il faudrait que les passionnés de cet art valorisent la culture à travers le cinéma.
« Ce que nos jeunes cinéastes font généralement, c’est du cinéma de limitation. On a vu un film Nigérian, Américain ou Brésilien. On essaye de plagier ce film tout en faisant quelques retouches. C’est facile. Or, dans ma conception avant-gardiste, c’est de savoir prévenir ce qui n’est pas pour éviter que ça soit un étonnement le jour que ça va arriver.» a défendu M. KEÏTA dans ce concept avant-gardiste.
Les maux dont souffre le cinéma sont évoqués durant cet entretien de près de 50 minutes. Les efforts fournis par les autorités actuelles et les pistes de solution ne sont pas omis.
Souleymane KEÏTA au-delà de toutes ses connaissances littéraires et artistiques, met sa connaissance dans plusieurs œuvres africaines. Ce qui montre à suffisance que la Guinée commence à se faire de la place qu’elle a tant occupée depuis de belles lurettes en Afrique. Il a joué et interprété plusieurs rôles dans des films étrangers.
« J’ai joué le rôle du personnage principal dans un film Burkinabè, intitulé « WAGA EST CHER. J’ai interprété le rôle du MARI AVARE. J’écris et je corrige les scénarios de documentaire ». Nous a expliqué ce communicant du FESPACO sur les cinémas d’Afrique.
Dans un pays où le cinéma se cherche, proposer des solutions aptes à éradiquer les problèmes qui assaillent le 7ème Art guinéen est impératif. Ainsi, Souleymane KEÏTA, diplômé en muséologie, reste convaincu que les autorités guinéennes plus particulièrement le Ministère de la Culture du Tourisme et de l’Artisanat doit rassembler les secteurs de son département pour un meilleur avenir de la culture guinéenne.
«Il est aussi important que le Ministère de la culture pense à organiser les états généraux des secteurs de la culture et du patrimoine. Cela me paraît être plus productif que de rencontrer de façon parcellaire les gens du théâtre, des arbres plastiques, les acteurs de la musique et du cinéma et puis construire un tout à partir des sentiments des gens qui se sont jamais regardé un seul jour pour conjuguer le même verbe autour du même idéal.», a proposé Souleymane KEÏTA
Fier de porter les couleurs de sa nation à l’étranger lors des grandes rencontres cinématographiques, le spécialiste des musées d’Afrique se veut être un patriote.
« C’est toujours une fierté pour moi. On aime servir son pays. Ce qui est plus plaisant, c’est de servir son pays en tant que patriote. Je suis content d’être passé dans une émission qui parle du cinéma afin de valoriser davantage notre cinéma. »
Au cours de l’émission, Souleymane KEÏTA annonce avoir reçu l’invitation de « l’ECRAN NOIR ». C’est un festival, domicilié au Cameroun et qui fait partie des plus grands festivals cinématographiques en Afrique. Il va célébrer dans les jours prochains la 27ème édition.
https://www.facebook.com/isabelledepeps/videos/309883328388798
Ibrahima Alhassane Camara