CINEMA: A FRIA, LA TROUPE BOMBA FRAPPEE PAR UNE CRISE FINANCIERE EN PLEIN TOURNAGE D’UNE SERIE DE PLUS DE 50 EPISODES

La Troupe Bomba de Guinée est en train de tourner une série de 50 épisodes en langue nationale Pular. Le tournage se déroule au quartier TIGUÉ 3 LAKÖ dans la commune urbaine de Fria. C’est un film qui parle du quotidien des Guinéens notamment, le mariage et l’éducation familiale des enfants. À seulement 40 % de réalisation du projet, la troupe est plongée dans une crise financière, rapporte sur place un des journalistes de cinemedias224.com

Cette série dénommée en pular « N’DHOUN NO FAALA N’DHOUN » se veut l’un des meilleurs que les Guinéens n’aient jamais connu sur le marché cinématographique du pays. Plus de 50 personnes, composées d’acteurs et de techniciens sont mobilisés autour de ce projet. Le tout est sous la coordination de Mohamed Lamine Bangoura dit (Santigui) sur scène. Cette production cinématographique va toucher un public cosmopolite. Une grande ambition animée par la passion du 7ème art. Le leader de cette troupe explique l’avancée du tournage. 

« Nous sommes à 50 % dans le tournage de cette série. Ce n’est pas encore fini. Nous sommes là depuis deux semaines et nous sommes plus de 45 personnes. Mais, pour le moment nous sommes calés par faute de moyens financiers. Nous allons rentrer à Conakry et revenir très prochainement pour continuer le tournage, quand nous aurons un peu de moyens. », indique-t-il

Tous les acteurs qui jouent dans le film ont été sélectionnés sur la base d’un casting avant de bouger pour Fria. Cette ville est choisie pour sa beauté et son décor. D’ailleurs selon Santigui, le décor trouvé à Fria est en parfaite harmonie avec le contenu de l’histoire avant de souligner que la ville est présentée comme la capitale guinéenne dans cette série. 

Ce récit filmé  renvoie un message fort à la population guinéenne en particulier et celle de l’Afrique en général. Il parle de l’impact du mariage et de l’éducation des enfants. 

« Le message de cette série est de faire comprendre l’importance du mariage dans la vie d’un enfant. Comment la femme doit gérer son mariage, comment l’enfant doit se comporter avec ses parents, comment le fils doit gérer son avenir. La femme doit se soumettre dans le mariage. C’est pourquoi, les imams et autres disent que le paradis de la femme dépend de son mariage. La femme doit accepter tout pour le bien-être de ses enfants. Et l’enfant aussi doit toujours faire du sérieux pendant que ses parents sont  encore vivants, parce que tôt ou tard, ses parents vont le quitter, et si cela trouve qu’il n’est pas sérieux, il va faire face à tous les maux de la vie. En résumé, c’est ce que le film dégage », explique-t-il

UNE AMBITION GUIDÉE PAR LA PASSION ET QUI SE MATÉRIALISE SANS AUCUN SOUTIEN ! 

Une série de plus de 50 épisodes, c’est du jamais-vu en terre guinéenne et c’est la première fois qu’une telle ambition cinématographique naît sans aucun soutien financier en Guinée. Une autre particularité, c’est aussi le matériel mis en place. Plus de 4 caméras professionnelles avec une exigence professionnelle strictement surveillée par le réalisateur Mohamed Lamine Bangoura. 

Mohamed Lamine Bangoura, Réalisateur de la série N’DHOUN NO FAALA N’DHOUN

« En Guinée, ici, il n’y a pas encore une telle série, vu le matériel mobilisé pour le tournage. Nous travaillons souvent sur des projets de films pour les marchés guinéens. Avec ces genres de films, nous ne mettons pas assez d’exigence. Il y a certains trucs que nous ne respectons pas. Pourquoi, parce que nous ne gagnons pas assez d’argent, donc, on le fait en fonction du marché. Parfois, nous travaillons avec une seule caméra. Mais avec cette série, nous mettons toute exigence professionnelle. Nous tournons avec 4 caméras professionnelles pour que nous produisions une très bonne qualité de film. Et nous voulons vendre cette production cinématographique partout dans le monde entier. Nous avons fait un casting pour recruter les acteurs afin que nous réussissions le pari. », martèle-t-il

DES ACTEURS AVEC DES RÔLES QUI NE REFLÈTENT PAS LA RÉALITÉ DE LEUR VRAIE VIE QUOTIDIENNE !

Des acteurs principaux qui jouent cette série incarnent des rôles qui n’ont rien reflété à leur vie. Mais, étant un acteur, un artiste, dès fois, ils jouent un rôle pour donner un message ou un conseil à la population. Thierno Ousmane est l’acteur principal, il se réjouit de son rôle dans ce film et du message qu’il envoie aux jeunes. 

Thierno Ousmane, l’un des acteurs principaux dans la série.

« Dans le film, on m’appelle Ousmane, mais mon vrai nom, c’est Thierno Ousmane. Je joue le rôle d’acteur principal. Au village, ils m’ont pris comme un fainéant, quelqu’un qui ne vaut rien, et cela, c’est pour donner conseil aux jeunes qui ne veulent pas faire quelque chose dans leur vie, qui fatiguent leurs parents et qui dérobent tout ce qu’ils voient, c’est le rôle-là, j’ai joué. C’est pour donner un bon conseil dans la série, c’est pourquoi on m’a confié ce rôle et j’en suis très content. », réjouit-il

À ses côtés, il est accompagné de Fatoumata Carole Manet. Une copine, une mère en un mot, elle représente d’ailleurs tout pour Ousmane. Elle le soutient en termes financiers et dans l’atteinte de ses ambitions après la mort de ses parents. Carole animée et aveuglée par l’amour n’a jamais été comme telle dans la vraie vie. Mais, elle se sent fière d’avoir joué un tel rôle pour donner de messages forts. 

Fatoumata Carol Manet, Actrice, elle incarne le rôle de Djami dans la série.

« Dans la série, on m’appelle Djami. Mon rôle dans la série, je fais partie des acteurs principaux. Pour mon rôle, je ne pensais pas que j’allais obtenir ce rôle, car le rôle qu’on m’a confié, dans la vraie vie, je n’ai jamais été comme telle. C’est pourquoi je ne pensais pas être à la hauteur, mais quand j’ai joué, j’ai été vraiment fière de moi. », nous a confié Fatoumata Carole Manet, actrice

UN TOURNAGE FRAPPÉ PAR DES DIFFICULTÉS FINANCIÈRES ! 

Dans cette aventure cinématographique, l’équipe de Santigui fait face à des difficultés. Celles-ci sont majoritairement financières. Le manque de moyens, les difficultés liées au logement et la nourriture sont devenues un besoin pressant exprimé par le coordonnateur du groupe. 

« Les difficultés sont quand même nombreuses. Premièrement, il n’y a pas de courant à Conakry. Moi, j’écris les scénarios la nuit tardive pendant que tout le monde dort. Je trouve de l’inspiration en ce moment. Mais, s’il n’y a pas d’électricité, c’est compliqué. La deuxième des choses, nous avons eu des difficultés au niveau du casting. Chaque personne qui a participé au casting, j’ai payé son transport pour venir jouer. Le décor aussi est un problème et pourtant, il doit être en parfaite harmonie avec le contenu du film. C’est pourquoi, d’ailleurs, nous sommes venus à Fria. Mais ici aussi, difficilement nous avons eu de maisons pour ça. L’habillement des acteurs aussi nous cause parfois des problèmes. Puisqu’un rôle doit aussi refléter à l’habillement. Le logement, là où nous logeons comme ça, en principe les artistes ne doivent pas être logés ici. L’endroit n’est pas approprié, mais nous n’avons pas le choix. Le problème de nourriture aussi pose des difficultés. Imaginez, trois semaines avec près de 50 personnes, ce n’est pas facile. La nourriture aussi pose problème. C’est compliqué. Mais on va y arriver, inchallah ! » , rassure-t-il

LE TRAVAIL D’UN CAMERAMAN, MONTEUR AGUERRI AU SERVICE DE LA PASSION ! 

Il n’est plus à montrer dans le paysage audiovisuel guinéen. Il a fait 28 ans avec la caméra. Djibril Kaback Camara est celui qui filme et monte cette série. Un travail acharné et d’engagement qu’il effectue quotidiennement. Pendant deux à trois semaines de tournage à Fria, l’ancien responsable de production à Espace TV se défile entre caméra, trépied et Micro.

Djibril Kaback CAMARA, Directeur de la photographie.

« Tout est accroché à l’inspiration. Être bon, c’est l’appréciation des autres. Je peux  bien ou mal filmer, le monteur peut faire son montage.  Mais pendant le filmage, j’ai mes inspirations, il y a des choses qui se passent dans ma tête et je veux que ça soit comme ça. Un monteur ne peut faire exactement comme moi. Si c’est moi qui filme et qui monte, je mettrais mes inspirations et ma créativité. Quand je filme, tant que je vois des choses, il y a une nouvelle vie qui apparaît en moi. Si c’est dans le documentaire, je sais quelle cible il faut viser, si c’est le film, je sais ce qu’il faut, et si c’est des reportages télévisés, je sais quoi faire. Je me sens à l’aise quand je manipule la caméra. » , confie-t-il

 Pendant ce tournage, Djibril Kaback fait des va-et-vient entre quatre caméras. Il dispose celles-ci en fonction des stratégies mises en place par le metteur en scène. Seul cadreur et monteur d’une série de plus de 50 épisodes. 

« Je filme avec plusieurs caméras parce que j’ai vu des gens filmés avec une seule caméra toute une série, c’est grand. Mais cette grandeur ne suffit pas, parce qu’il y a des acteurs quel que soit leur niveau, ils peuvent dire quelque chose en première position et l’émotion fait qu’ils ne peuvent pas dire ça pour la deuxième fois. Donc, il faut beaucoup de plans. Dès qu’il y a beaucoup de plans, je trouve qu’il faut aussi beaucoup de Caméra, au moins 4. Avec les 4, tu peux avoir le minimum de plan que tu veux. », déclare-t-il ? 

Ibrahima Alhassane Camara

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