CINEMA: 5 FILMS GUINEENS EN LICE POUR LA 29ème EDITION DU PLUS GRAND FESTIVAL D’AFRIQUE, LE FESPACO.

La 29ème édition du FESPACO 2025, Festival panafricain du cinéma de la télévision de Ouagadougou qui se tiendra du 22 février au 1er mars 2025, est placé sous le thème « Cinémas d’Afriques et Identités Culturelles », une thématique qui doit faire invite à la conscience humaine africaine, des politiques vers une remise en question. Plus que jamais, il est temps de comprendre que le développement de l’Afrique passera forcément par les mines, le commerce, etc., mais aussi et surtout par sa culture qui est son identité première. Elle se fera une belle place au soleil en se reconnaissant à travers ses propres valeurs humaines, socio-culturelles sans renier pour autant celles des autres. La Guinée ira au FESPACO 2025 en rang serré si toute fois la délégation composée ne s’y rend pour faire du tourisme. Le septième art guinéen ne se fera pas conter ce rendez-vous tant attendu, il sera présent et se fera entendre à travers cinq films (5) en compétition dans la catégorie films d’école avec différentes thématiques qui sauront parler, sensibiliser les âmes attentionnées, qui à leur tour sauront rapporter aux absents la sagesse des mots, la beauté des récits cinématographiques.

L’on se souviendra de la participation timide du cinéma guinéen à la précédente édition, la 28ème du FESPACO 2023, au cours de laquelle édition la Guinée avait présenté que deux films :  celui d’école de Ramatoulaye BAH intitulé « À qui la faute ? » qui avait remporté le prix du meilleur court-métrage dans la catégorie « Films des écoles africaines de cinéma », et le deuxième un long métrage intitulé « Au Cimetière de la Pellicule » de Thierno Souleymane Diallo, qui a eu le prix de la mention spéciale du jury en compétition documentaire.

La participation de la Guinée avec ces cinq (5) films, que des films d’école, ne voudrai-t-il pas dire simplement que la refondation de son septième art depuis la base est en marche?

En tout cas, le défi est de taille pour la Nouvelle direction de l’Office National du cinéma, de la vidéo et de la photographie de Guinée (ONACIG) sous l’égide de son Excellence Moussa MoÏse Sylla le ministre de la culture, du tourisme et de l’artisanat.

Cette nouvelle direction s’aura-t-elle être à la hauteur, stratège, à pouvoir répondre aux sollicitations de la filière du cinéma guinéen ?

Beaucoup du monde cinématographique de la Guinée affirment déjà que le jeune et nouveau directeur dudit Office Amara Traoré, avec son parcours atypique rassure.

Directeur Général de l’ONACIG, il a pris officiellement fonction le lundi 20 janvier 2025.

Pour l’heure, il s’agit de poser des actes concluants, tant nombreuses sont les attentes vis-à-vis de cette nouvelle direction qui a pour mission de développer le secteur et permettre une collaboration franche entre l’ONACIG et toutes les faitières regorgeant d’experts pétris de talent et d’expériences, dans le domaine.

Dans l’immédiat, un premier défi majeur pour l’ONACIG, est celui de la participation d’une délégation forte pour accompagner les films guinéens nominés au FESPACO 2025. Une occasion  pour cette nouvelle direction de s’imprégner davantage sur les  industries d’Afrique , de créer et  renforcer les relations professionnelles avec d’autres pays et surtout de voir les attentes des jeunes cinéastes d’Afrique en particulier celles des guinéens.

Au regard du nombre de productions significatives des professionnels comme des amateurs du cinéma en Guinée , une réelle politique cinématographique pour que le cinéma compte dans l’économie nationale s’avère nécessaire.

Le septième art guinéen pourrait se développer, si toutefois le programme de la refondation de tous les secteurs mise en place par le Gouvernement du Général Mamady Doumbouya, s’exécutait avec réussite.

Cette volonté de la part de l’État d’y arriver est, semble-t-il, cette fois bien visible.

Depuis sa création en 2004, l’Institut Supérieur des Arts situé à Dubréka à l’époque appelé l’ISAG (Institut Supérieur des Arts de Guinée ), de nos jours devenu Institut Supérieur des Arts Mory Kanté (ISAMK), produit des professionnels de cinéma de qualité,  mais ces derniers sont contraints à se réorienter dans d’autres secteurs socio-professionnels pour faute d’une meilleure politique cinématographique, donc d’un fonds permanent pour le cinéma guinéen à l’instar de certains pays d’Afrique comme le Burkina Faso, le Sénégal, le Maroc et autres où le cinéma marche.

L’espoir est permis avec la nouvelle direction de l’office national du cinéma, de la vidéo et de la photographie, dirigée par le jeune Directeur général Amara Traoré l’initiateur de Syliwood, chaîne de télévision qui diffuse du contenu local pour promouvoir la production guinéenne, le secteur à toutes les chances de renaître.

La participation de la Guinée au FESPACO 2025,  un rendez- de donner et du recevoir ouvrira certainement des portes en termes de relation professionnelle aux cinéastes  et aux autorités de la tutelle.

Pour rappel, la Guinée est un pays des arts, de la culture et du cinéma. C’est celui des célebrissimes  réalisateurs plébiscités, honorés très souvent dans les rencontres internationales entre autres, Mamadou Touré, Moussa Kémeko Diakité, de Cheik Oumar Barry, Mohamed Camara, Cheick Fanta Mady Camara, Mama Keita, Jacques Kolié, Isabelle KOLKOL Loua en tournage actuellement, Thierno Souleymane Diallo, Abdoulaye Traoré, Abdoulaye Cheick Camara.

La jeune génération emboite leurs pas avec les cinq courts-métrages guinéens en lice à savoir :

Baddjo An On (19 min) de Alhassane Baldé, une production de Sabou Ciné Talents

GNF 198000 (13 min) de Mamadou Korka Camara de l’ISAMK de Dubréka ;

Instinct Virtuel (10 min) de M’Mah Soumah de l’ISAMK également de Dubréka

La Couleur de l’Esprit (18 min) de Mariama Cissé, produit par Sabou Ciné Talents

Ton Mari, c’est ton Dieu (18 min) de N’Kony Sylla, une autre réalisation de Sabou Ciné Talents.

Au regard des thématiques développées par ces films et de la qualité artistique, nous entendrons parler encore du cinéma guinéen pour les récompenses.

SAGNANE Fatoumata, Journaliste-Critique de cinéma. Présidente de la Fédération Africaine de la Critique Cinématographique

SAGNANE Fatoumata

Journaliste-Critique de cinéma

Présidente de la Fédération Africaine de la Critique Cinématographique

Guinée – Conakry

Leave A Reply