PROJECTION DU FILM RESTAURE « … ET VINT LA LIBERTE » : HOMMAGE ET TEMOIGNAGES EMOUVANTS DES CINEASTES AU FESPACO

La deuxième journée du FESPACO a vibré au rythme de la projection de plusieurs films, dont le célèbre documentaire restauré « … ET VINT LA LIBERTE », réalisé par Sékou Oumar Barry. Cette production cinématographique, au-delà du fait qu’elle retrace l’histoire de la Guinée et ses perspectives, met un accent sur l’histoire du continent africain. La restauration de ce film important de l’histoire du cinéma guinéen a été réalisée par la Fédération Panafricaine des Cinéastes ( FEPACI ). À la sortie de la salle Ciné Burkina, des réalisateurs et cinéastes ainsi que des autorités ont témoigné de l’importance de cette œuvre tout en exprimant leurs émotions, rapporte sur place un des collaborateur de Cinemedias224.com.

Cette deuxième journée a connu la projection de plusieurs catégories d’œuvres cinématographiques au compte du Festival Panafricain de Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO 2025). Il s’agissait du FESPACO Classic, Films d’archives et Films restaurés. Le documentaire du doyen Cheikh Oumar Barry, intitulé « … ET VINT LA LIBERTE », a été projeté devant plusieurs cinéphiles dans la capitale burkinabè. Des cinéastes et des cadres se sont réjouis de l’importance et de la valeur que, l’œuvre incarne sur le continent et en Guinée.

Un sentiment d’émotion et de reconnaissance

Cheikh Oumar Barry, le réalisateur du film, a exprimé sa profonde émotion à la vue de la restauration de son œuvre. « Il faut la paix. Mais la preuve, regarde, les gens étaient obligés de me donner des Kleenex, j’étais obligé de verser de larmes », a-t-il déclaré, soulignant la puissance émotive de la projection. Il a ajouté que le film, longtemps considéré comme perdu, lui a permis de le redécouvrir « une partie de son propre héritage cinématographique », suscitant une forte sensibilité chez lui. Il a par ailleurs indiqué qu’il doit « beaucoup à Aboubacar Sanogo ».

Le doyen et réalisateur du documentaire … ET VINT LA LIBERTÉ. Sékou Oumar Barry

Un film pour restaurer la fierté guinéenne

N’kony Sylla, réalisatrice et auteure de « Ton mari c’est ton Dieu », a également témoigné de l’impact du film sur sa perception de la Guinée. « Il vient de me restaurer un sentiment de fierté, je dirais que peut-être ce sentiment se perdait en moi petit à petit », a-t-elle expliqué. Selon elle, le film offre une réflexion profonde sur l’histoire de la Guinée et la nécessité de retrouver des valeurs, telles que le patriotisme, l’engagement et la remise en question de soi-même. Elle a également évoqué la perte des acquis après l’indépendance, soulignant l’importance de tirer des enseignements de ce film pour les cinéastes de la nouvelle génération.

Un film qui retrace l’histoire africaine

Aboubacar Sanogo, professeur de cinéma et membre de la Fédération Panafricaine des Cinéastes, a salué la portée historique du film, le qualifiant de « Classique du cinéma africain ». Il a expliqué que ce film constitue un « Lieu de mémoire » qui retrace les différentes étapes de l’histoire africaine, en commençant même par les périodes médiévales avec l’Empire mandingue, avant de traiter du désir d’émancipation du continent. Aboubacar  Sanogo, qui a d’ailleurs joué un rôle prépondérant dans la restauration de ce film guinéen, a également souligné la présence « d’une analyse dialectique marxiste dans l’œuvre, abordant des thèmes comme les rapports de classe et la déconstruction du capitalisme », indique-t-il.

Aboubacar Sonogo, professeur de cinéma et membre de la FEPACI

Un hommage rendu au cinéma guinéen

L’événement a aussi été l’occasion de rendre hommage au cinéma guinéen, dont la visibilité internationale a diminué au fil des années. Selon Sanogo, ce film fait partie d’un travail visant à ramener les grands films guinéens sur la scène internationale, afin qu’ils puissent inspirer les nouvelles générations. Il a rappelé que les thèmes abordés dans « … ET VINT LA LIBERTE » sont encore pertinents aujourd’hui, en particulier en ce qui concerne les questions de gouvernance et d’émancipation.

Un héritage à transmettre aux futures générations 

Le film a également été qualifié de « cours magistral » en raison de sa méthode systématique pour illustrer les relations entre culture, politique, agriculture et industrie. Le professeur de cinéma Sanogo a noté sa valeur éducative tout en soulignant qu’il pourrait être utilisé comme ressource pédagogique dans les écoles et universités.

« La jeune fille avait dit que… On pouvait l’enseigner en classe. C’est vraiment un film court et l’autre avait parlé de cours magistral. C’est bel et bien le cas. Parce qu’il est très, très systématique et méthodique. Donc, étape par étape, il arrive vraiment à nous montrer les articulations entre culture, politique, agriculture, industrie, etc. C’est formidable. », souligne-t-il.

Une œuvre destinée à la promotion en Guinée

Amara Traoré, directeur général de l’ONACIG, a exprimé le désir de faire de « … ET VINT LA LIBERTE » une référence dans la promotion du cinéma guinéen. Il a précisé que « le film devrait être vu par les autorités guinéennes car il offre un cours magistral sur la gouvernance et les acquis de la République de Guinée ».

Amara Traoré DG de l’ONACIG et Doyen Sékou Oumar Barry

Le patron du département de la régulation des activités cinématographiques en Guinée a suggéré de « diffuser le film à la télévision, de l’exposer dans les grandes salles et de le promouvoir à l’international par des partenariats avec des distributeurs et diffuseurs de films. » Selon lui, l’objectif est de garantir une large visibilité et de conserver le film dans les archives pour une utilisation continue.

 

Depuis Ouagadougou Lamarana Sow / Alhassane Camara, Conakry

Leave A Reply