FESPACO 2025 : LA GUINEE ASSURE SA PARTITION AU COLLOQUE

La 3e journée du Festival panafricain de cinéma et de télévision de Ouagadougou (FESPACO) se poursuit en terre burkinabé. Ce lundi, la journée a été marquée par plusieurs activités, dont un débat autour du sous-thème : « Production cinématographique et identités culturelles chez les jeunes créateurs : La problématique de l’ancrage culturel ». Ce thème d’une grande importance a permis au chef du département cinéma et audiovisuel à l’Institut Supérieur des Arts Mory Kanté de Dubréka (ISAMK) de partager ses idées devant des spécialistes du 7e art.

Sory Kourouma, a d’abord rappelé les défis majeurs liés à l’accès au financement. Il a souligné que les bailleurs de fonds imposent souvent leurs idées aux créateurs, ce qui, selon lui, empêche ces derniers de produire des œuvres qui reflètent leurs cultures.

« La plupart des jeunes que nous voyons chez nous sont produits par l’extérieur. Ce qui signifie que les créateurs sont confrontés à l’impossibilité de mettre en avant leurs propres idées, car les financements viennent de l’extérieur », a déclaré le patron des classes du cinéma et audiovisuel de l’ISAMK  au FESPACO.

Produire des œuvres qui ressemblent aux  africaines

Pour le chef de département, les jeunes créateurs ne doivent pas se contenter de reproduire les modèles existants. Ils doivent chercher à réinventer et à proposer un regard unique, inspiré par une culture particulière, tout en visant la scène internationale. « C’est une manière de dire que nous devons produire ce qui nous ressemble », indique-t-il.

Financements externes : un obstacle pour la visibilité des cultures africaines à travers le cinéma

Abordant la question des financements, Sory Kourouma a été pragmatique. Il a rappelé que les bailleurs de fonds, qui financent généralement les projets cinématographiques, imposent leurs idées aux créateurs, ce qui, selon lui, a des répercussions sur la visibilité des cultures africaines.

« Les financements externes imposent forcément leurs propres choix narratifs. Or, nous avons notre propre histoire à raconter et notre propre communication à faire », a-t-il affirmé.

Sory Kourouma, au colloque du FESPACO

Un appel pressant aux autorités africaines

Dans ce contexte, l’enseignant Sory Kourouma a plaidé pour la nécessité de créer un cinéma guinéen authentique : « Il est primordial que nos responsables prennent des décisions importantes pour faire avancer le cinéma, afin que nous puissions produire chez nous. Cela permettra au peuple de se voir dans le miroir, de créer des œuvres qui nous ressemblent et qui peuvent également nous rassembler. »

Devant le directeur général de l’ONACIG, le cinéaste a exprimé sa satisfaction de faire cette communication en présence des cadres du gouvernement guinéen. Il a encouragé le directeur général du département en charge de cinéma en Guinée, à comprendre que la plupart des créateurs de contenu de son pays sont des jeunes. Selon lui, « Il n’a qu’à essayer de les fédérer et de les faire comprendre que nous pouvons nous servir de notre propre culture et de notre nature pour faire avancer notre cinéma et notre société. »

Lamarana Sow / Ibrahima Alhassane Camara

 

 

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