CINÉMA : « GBEKAN TALA » UN SUCCÈS EN SALLE À CONAKRY
Le film « GBEKAN TALA » a été projeté ce samedi 11 octobre 2025 au Centre Culturel Franco-Guinéen (CCFG). Cette production est réalisée par Moussa Dramé en collaboration avec la Maison de production D-ALL Prod. La projection a réuni des personnes publiques, des réalisateurs, des comédiens et des passionnés du 7e art.
GBEKAN TALA est un film réalisé par Moussa Dramé. Il relate les réalités quotidiennes des foyers dans certaines communautés africaines, notamment le phénomène de viol dans les relations conjugales. Cette production a captivé l’auditoire par son contenu, sa qualité et le message véhiculé.
Souleymane Diawara, producteur et président de la maison de production D-ALL Prod, est revenu sur la genèse de la collaboration avant d’annoncer son engagement dans le secteur du cinéma.
« Le film est basé sur une réalité. Connaissant l’homme, je suis engagé directement parce que je crois en lui et je sais ce dont il est capable. À partir de ce soir, je me suis engagé dans l’art et je vais continuer avec d’autres qui ont commencé. »
Ce film d’une durée de 50 minutes et quelques retrace l’histoire réelle des différents villages guinéens où certaines pratiques traditionnelles avaient des conséquences néfastes sur la santé des femmes. De viol en passant par des pertes blanches, le film y a mis un accent particulier.

« Cette histoire est réelle et elle se passe ici chez nous. Je ne citerai pas le nom de ces différents villages. C’était lors d’une causerie qu’un ami m’a raconté cette histoire. Vous avez nous, les cinéastes, on capte vite. Il y a eu un grand monsieur présent dans la salle qui était même victime de cette histoire et me l’a racontée. Après, je suis allé visiter ces villages pour avoir des informations et effectivement, c’est un tabou qui est caché. C’est vrai qu’en tant que cinéaste, j’ai agrémenté un peu. », a expliqué Moussa Dramé, le réalisateur.
Présent à cette cérémonie de projection, le Directeur Général de l’Office National du Cinéma, de la Vidéo et de la Photographie (ONACIG) a, au nom de son département, réitéré son engagement à accompagner les cinéastes.

« L’ONACIG, au nom du ministère de la Culture et du Tourisme, réaffirme son engagement à accompagner le cinéma guinéen, ses producteurs et ses créateurs. Je voudrais saluer le courage, la détermination et la passion de cette œuvre réalisée avec beaucoup de peine mais qui réussit à être présentée ce samedi. Cette production cinématographique est un exemple palpable au nom de tant de créateurs de films. »
Cette projection, au-delà des cinéphiles, a connu la participation de Hadja Makalé Camara, une figure emblématique qui a contribué largement à la réalisation du film à travers ses actions. Lors de cette cérémonie, un satisfecit lui a été décerné en guise de reconnaissance des efforts fournis. Dans sa prise de parole, elle a exhorté les hommes à prendre soin des femmes.
« Ce film fait fort. C’est un bon film. C’est un film dénonciateur. Il fait découvrir les réalités existantes au fond de nos villages. La femme n’est pas un jouet pour les hommes. Elle doit être aimée et parfois vénérée, parce que Dieu lui a donné la possibilité de procréer. La femme a besoin d’être respectée. Au-delà des VBG, ces réalités doivent être combattues ».

Ce film a connu une co-projection à l’occasion de sa sortie. Au moment où il était en salle à Conakry en même temps, il était en projection au Sénégal à l’occasion d’une grande cérémonie où le président sénégalais était présent.
Ibrahima Alhassane Camara / Lamarana Djébou