MOHAMED CAMARA SUR LES MEILLEURS MOMENTS DE SA CARRIERE

Le vendredi 17 janvier 2025, Mohamed Camara, scénariste réalisateur de films à succès à l’international, a offert une soirée d’anthologie à des jeunes cinéastes et plusieurs autres amoureux de la culture et du cinéma. Un partage d’expérience sur l’ensemble de sa carrière qui s’est tenue à Conakry dans la cour de Koumakan réservant sa mode traditionnelle habituelle.

Le chemin du cinéma n’était nullement tracé pour Mohamed Camara. Mais tout a commencé en 1986. Pour se sentir dans sa peau et sa culture africaine, il décide de prendre la plume et de réaliser ses propres films pour raconter ses propres histoires. Des scénarios dont il était parfois le seul capable de réaliser ou voir même les  interpréter.  ‹‹ pour moi il n’y a pas de talent. C’est le travail ! C’est quand je partais à l’université que je me suis rendu compte que c’est le cinéma qui m’intéressait.  Et quand je me suis présenté, on m’a demandé qu’est ce que  j’aimerais faire ?… J’ai dit chez moi qu’il n’y a des gens comme Samory, Comme Bocar Biro, comme Alpha Yaya Diallo. J’aimerais faire des films sur eux.››

Au cours de sa brillante carrière de cinéaste, le natif de Conakry a été auteur de plusieurs films à succès dont DENKO sorti en 1992MINKA sorti en 1994, DAKAN et BALAFOLA. Des films qui ont valu au cinéaste guinéen de valeureuses récompenses partout dans le monde du cinéma. Malgré une armoire bien garnie par son premier film, Mohamed Camara a su rester humble. ‹‹ ça dépend un petit peu comme on est dans la tête. Si on comprend que l’être humain est fragile et que c’est eux qui nous font grandir,  c’est eux qui font que vous avez du succès, une fois que vous faites la grosse tête, une fois qu’ils quittent vous tombez. Donc moi ça ne m’a pas posé de problème… l’art nous apprend à être humble, nous apprend à être petit.››

Avec le film DENKO, Mohamed Camara a ébloui le monde du cinéma. Un court métrage avec lequel il a remporté l’étalon des courts métrages au FESPACO, le grand prix au festival international de Clermont-Ferrand et par la suite MINKA a été classé parmi les cent films qui ont marqué le premier siècle du cinéma durant le festival de Clermont-Ferrand en 1995.  L’homme de 66 ans a toujours misé sur l’originalité de ses scénarios. ‹‹ c’est le scénario qui a amené l’argent…partout où je me suis présenté au concours de scénario j’ai gagné. Quand on gagne le grand prix de Clermont-Ferrand, c’est une référence… j’ai gagné aussi d’autres prix dans le monde.››

Apres vingt-cinq années couronnées de succès passées hors de la Guinée, le réalisateur guinéen a décidé de rentrer au pays et peu de temps après nommé à la tête de l’office guinéen du cinéma. Durant cette période passée à la tête de l’ONACIG, le réalisateur guinéen a constaté plusieurs écueils dont souffre le secteur. C’est le cas de la disparition des salles de cinéma, le non-respect des droits d’auteur, bref, le non-respect des lois votées pour régulariser le cinéma. Au cours de cette soirée à Koumakan, il a profité pour donner des conseils aux jeunes cinéastes de Guinée.

‹‹ Il faut déjà que les jeunes cinéastes comprennent que dans ce métier, on n’y arrive jamais. il faut beaucoup apprendre avec beaucoup de patience, beaucoup de passion, beaucoup d’humilité. Aller toujours à la recherche. Parce que ce qui peut plaire à un étranger, c’est de lui montrer ce qu’il ne connaît pas. Mais si tu lui montres des sujets qu’il a déjà traité chez lui, ça ne l’intéresse pas. On peut rester chez nous et avoir des histoires universelles. Quand on présente ça sur le plan international, ça marche.››

Pour finir la soirée en beauté et avec une grande nouvelle, l’homme de plus 50 prix internationaux a promis un retour aux affaires. Une manière pour lui ‹‹  de contribuer à l’ouverture de  portes à l’international pour les jeunes guinéens ››, promet-t-il.

Mohamed Camara annonce sur retour sur le plateau de tournage pour un nouveau film.

 

Qui de mieux pour parler de cinéma en Guinée?

Arabiou Barry / Lamarana Djébou Sow

Leave A Reply