CINÉ CAFÉ : FACE AU BLOCUS FINANCIER, L’ALTERNATIVE DE LA MISE EN COMMUN DES RESSOURCES
« Quel mécanisme de financement pour le cinéma guinéen ? » : tel est le thème qui a réuni les acteurs du secteur autour d'une table ronde à Conakry. Face au blocus financier qui paralyse l'industrie, les cinéastes Fatoumata Kandé et Bobo Hérico ont tenté de répondre à cette problématique en proposant une approche fondée sur la mise en commun des ressources.
Avec un public de consommateurs qui ne cesse de s’élargir et des acteurs qui peinent à trouver un mécanisme financier solide pour leur septième art, le cinéma guinéen demeure fragile face à l’industrie internationale. Dans « CINÉ CAFÉ », une initiative de la Fédération Nationale des Cinéastes de Guinée (FENACIG), le producteur Bobo Hérico a évoqué le défi de l’écriture et d’un financement autonome. Pour lui, pour décoller, le cinéma guinéen doit relever le défi de l’indépendance financière : apprendre à « écrire pour son budget » et structurer des dossiers de production capables de convaincre des fonds d’aide internationaux ou des mécènes privés.
C’est pourquoi il conseille de « commencer d’abord petit à petit, en s’appuyant sur l’expérience et les compétences acquises, pour structurer des budgets sérieux au lieu de basculer dans l’improvisation financière ».

À ses côtés se trouvait également Fatoumata Kandé, actrice et réalisatrice. Quant à elle, l’idée est tout autre : aller vers un modèle « zéro budget ». Selon elle, il est tout à fait possible de faire un film de grande qualité avec zéro franc en caisse. La stratégie repose sur un système de coproduction amicale.
« On se met ensemble et on décide de faire un film. On part sur un scénario qui est très pratique, un scénario qui reflète notre environnement. (…) avec des gens qui sont prêts à travailler ensemble, vraiment sur la base du quotidien, à dépenser ensemble pour manger. (…) Avec zéro franc, on peut faire un film. Et ce qui est marrant, c’est que même aujourd’hui, il y a des gens qui font des sites de qualité, même avec zéro franc, on peut toujours faire ces films de qualité-là avec zéro budget. »
Lamarana Djebou / Arabiou Barry