CINÉMA: SEMAINE D’INDÉPENDANCE, » RACONTER LE COMBAT » DE LA RÉVOLUTION PAR … ET VINT LA LIBERTÉ
En marge des festivités de la semaine de l'indépendance de la Guinée, autorités, acteurs culturels et des centaines de jeunes se sont rassemblés à Conakry pour assister à la projection exclusive de la version restaurée et enrichie du film documentaire emblématique ''...ET VINT LA LIBERTÉ'', réalisé par Sékoumar Barry à l'époque de la révolution.
Dès ses premières minutes, le documentaire replonge les spectateurs dans les luttes anticoloniales, de figures de la résistance telles que l’Almamy Samory Touré et Alfa Yaya Diallo jusqu’à la ferveur du référendum de septembre 1958 et à la proclamation de la République le 2 octobre 1958, couronnée par le retour triomphal de leurs restes sur la terre natale. Le récit détaille l’organisation politique et sociale du pays sous la bannière du Parti démocratique de Guinée (PDG) et met en valeur le principe de compter sur ses propres forces à travers l’investissement humain, la création de la monnaie nationale et l’établissement d’une économie souveraine. La seconde partie dresse quant à elle un panorama des réalisations des dix premières années : barrages hydroélectriques, mise en valeur des richesses minières (bauxite, diamant), complexes industriels (textile de Sanoyah, tabacs et allumettes à Wassa Wassa, usines de véhicules Somova, conserveries et papeteries), ainsi que l’essor d’une armée populaire active sur le front de la production économique et de la renaissance culturelle.
Cinéma et mémoire
Longtemps recherchées dans les archives, les pellicules de ce patrimoine cinématographique ont bénéficié d’un travail de restauration titanesque mené grâce à une collaboration entre la Fédération Panafricaine du Cinéma (FEPACI) et ses partenaires internationaux. S’étirant désormais sur plus d’une heure.

Dans la salle, cette nouvelle version a rapidement touché les cœurs, à commencer par celui du ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla. Soulignant la portée politique et historique du projet, il a déclaré :
« Ce film rentre chez lui et vient vers le peuple dont il va raconter le combat […] ce sont des voix, des foules et des espérances que nos aînés ont fixés sur la pellicule pour que nous ne les oubliions jamais. Le cinéma est un miroir de la société. »
Vive émotion du réalisateur
Le Directeur Général de l’Office National du Cinéma, de la Vidéo et de la Photographie (ONACIG) est également revenu sur l’importance de pérenniser de telles initiatives :
« Ce film n’est pas une fiction, c’est un document historique d’une valeur inestimable. […] Ces projections ne s’arrêteront pas à la semaine de l’indépendance ; le film sillonnera les centres culturels et les espaces de jeunes pour que toute la jeunesse guinéenne puisse s’imprégner de sa propre histoire. »

Du haut de ses 60 ans, le doyen Sékoumar Barry a partagé cette projection avec un public particulièrement jeune. Témoin vivant de cette époque dans une salle comble, l’émotion fut intense. Des larmes aux yeux, visiblement très ému et admiratif face aux jeunes spectateurs de son œuvre, il a confié :
»Aujourd’hui, c’est une immense satisfaction […] On se rend compte qu’effectivement on n’invente rien et que tout avait déjà été mis en place pour qu’on puisse avancer et que ce pays aille très loin. Malheureusement, il y a eu des arrêts. »
Cette projection est un symbole, illustrant la volonté d’un peuple de se réapproprier son passé pour bâtir son avenir avec assurance.
Par Arabiou Barry